LES PAYSAGES VERT ET BLEU FONCÉ DE LA BHAKTI

Mis à jour : 16 déc. 2019

Madhukori en France, 2019


Cette journée du 24 juin débute par une chaude matinée d’été, une de ces matinées propre au Sud de la France où déjà dès 7 heures, on ressent une température très très élevée… Je monte dans ma voiture et entame alors un périple qui va durer quatre semaines, en compagnie de Parvathy Baul, mon maître et professeur de la Tradition Bâule.


Les semaines qui vont suivre, nous allons beaucoup rouler et effectuer une boucle complète. Peut-être qu’une façon plus poétique de le dire serait, comme le décrira plus tard Parvathy : nous allons faire un pradakshina(1.) de la France.



-Première étape-

Après six heures de route, l’électronique au sein de ma voiture souffre de la température extérieure élevée (oh combien je prie pour arriver à l’heure à l’aéroport!) et mon cœur, quant à lui, n’a de cesse de bondir de joie dans ma poitrine, ce qui suscite encore plus de chaleur intérieure...

J'arrive enfin à Bordeaux, où Parvathy vient d’atterrir en provenance du Danemark, prête à profiter de son séjour en France.


Ensemble, nous nous engageons alors sur la rocade surpeuplée, bavardant joyeusement et nous retrouvant régulièrement encerclées par un flux de voitures oscilllant et ondulant comme des vagues à nos abords, ce jusqu’à ce qu’elles deviennent de moins en moins nombreuses.

Plus tard, nous arrivons sur les terres plates de la Charente Maritime. Après avoir traversé le long pont qui relie la côte et l’île d’Oléron, nous amarrons notre voiture dans le jardin de Valérie et Samuel. Tous deux sont également élèves de Parvathy Baul. Leur maison, qui comprend un restaurant végétalien bio - le Maha Prana-, est également le siège de notre association "Sérénade aux Etoiles". Samuel en est le président.


Le programme de Parvathy Maa ayant été très chargé les semaines précédentes, l’enseignante et ses élèves savourent d’abord quelques jours de repos, profitant de la bonne compagnie des uns et des autres, pédalant en vélo jusqu’à l’océan, humant la brise fraîche, chantant parfois, prenant également le temps d’échanger ou de cuisiner ensemble.



Le premier Madhukori va se dérouler au sein du restaurant, dans un contexte très intime. Le public, bien que très nombreux, se compose essentiellement d’amis et de personnes déjà familières de la tradition bâule, grâce aux divers temps de rencontres et Madhukoris organisés par Valérie et Samuel les années précédentes. Parvathy est déjà venue ici à plusieurs reprises.

Ce sera un moment assez unique, car il s’agit en fait du tout premier événement organisé par notre nouvelle association à but non lucratif. Chacun d’entre nous, Samuel, Valérie, Emmanuelle, Jaya et moi-même présentons l’objet de la structure au public. Nous évoquons la nécessité d’œuvrer à la préservation des traditions anciennes du monde afin qu’elles soient maintenues vivantes. Nous parlons également de la raison de la tournée de Parvathy Baul en Europe, à savoir : le soutien à la construction de l’école traditionnelle bâule qu'elle a fondé au Bengale : le Sanatan Siddhashram. Jaya évoque les liens et les points communs que nous pouvons trouver entre nos propres traditions européennes et celles venant de l’étranger. Enfin en filigrane, il est toujours question du fil commun de l’amour universel qui est nourri et véhiculé par la transmission d'une connaissance profonde, détenue par les sages du monde entier.


C’est Jaya qui inaugure le Madhukori, entonnant une de ses compositions hongroises, très touchante ; puis Parvathy arrive, faisant tinter ses clochettes de cheville appelées Nupur, avant de chanter, danser et interpréter plusieurs chants bâuls. Je suis invitée à me joindre à la prestation ; Valérie et Samuel interprètent magnifiquement un autre chant traditionnel à leur tour; puis nous clôturons tous ensemble la soirée, Emmanuelle nous rejoignant tandis que nous chantons toutes voix mêlées, à l’unisson : Mondire Mondire Jago Debota ….


Le Restaurant Maha Prana est ce soir un véritable espace de communion et de joie.


C'est donc sans surprise que deux jours plus tard, le moment des aurevoirs venus, un léger pincement au cœur nous étreint, car Valérie et Samuel ne pourront pas nous suivre pendant la tournée; ils doivent continuer à s’occuper du restaurant, étant en pleine “saison”! Quant à Emmanuelle, elle a besoin de retrouver un peu sa famille, avant de nous rejoindre quelques semaines plus tard.


Nous quittons l’île d’Oléron la voiture chargée des délicieux plats qui ont été préparés ensemble, avec amour, sous la direction de nos maîtres cuisiniers : Samuel et Valérie; il y a des samossas et également de succulents “foccacia” concoctés par Michel, notre ami surnommé pour l’occasion “gourou du pain”; tous ces mets seront offerts lors de la soirée de collecte de fond prévue à Paris prochainement. Dans le coffre remplit à ras bord, il y a dossiers, photos, bagages et instruments. Nous voici parées à partir!



Jaya, très bonne conductrice, nous escorte en douceur, Parvathy et moi-même, vers le nord en direction de Paris.

-Deuxième étape : Paris, Théâtre du Soleil-

Quelques heures plus tard, nous arrivons dans le quartier de l’Hôpital des Invalides, où vit notre hôte, Martina Catella, vocaliste au coeur d'or et vieille amie de Ravi Gopalan Nair, l’époux de Parvathy Baul. Nous déposons alors nos bagages dans nos chambres, des "cavernes" douillettes situées au sous-sol, généralement destinées à la pratique vocale, puis nous continuons notre chemin vers notre lieu de destination ultime : La Cartoucherie, située près du bois du Bois de Vincennes.


En effet, le prochain Madhukori va avoir lieu au Théâtre du Soleil, lieu mythique fondé et dirigé pendant de nombreuses années par Ariane Mnouchkine. C’est un de ces théâtres qui fait penser à une communauté, une famille de théâtre, plutôt qu’à une institution. Parvathy et Jaya connaissent l’endroit de par des collaborations artistiques précédemment menées ; moi-même, ne travaillant pas dans ce domaine, je m’y suis rendue une fois, lorsque Parvathy Maa y jouait avec la compagnie Odin Teatret. C’est un endroit très ouvert, accueillant de nombreux artistes et compagnies, leur offrant parfois la possibilité d’utiliser les espaces scéniques gratuitement; ceci qui rend le lieu vivant, dynamique, et en fait la vitrine d'une grande variété de projets intéressants.

Notre ange, Emmanuelle Martin, que nous rejoindrons plus tard lors d’une retraite qu’elle mènera avec Parvathy, est celle qui a parlé du projet à la direction et a ouvert la porte de la Cartoucherie à Parvathy et ses étudiants, ce pour la toute première soirée « officielle » et publique Madhukori.



Lorsque nous arrivons dans l’enceinte du Théâtre, nous sommes attendus par Mimlu Sen et Paban Das Baul, qui nous accueillent chaleureusement et nous servent un délicieux repas bengali. Nous partageons ensuite avec eux un moment de détente et conversation (adda, en bengali) échangeant en bonne compagnie et en bengali bien sûr, pour ceux qui le peuvent…


Le soir venu, c’est une compagnie de danse française Kathakali girls qui assure la première partie de soirée. L’une des membres de celle-ci, Nathalie Le Boucher, se trouve être une vieille connaissance de Parvathy ; elles se sont rencontrées du temps de leur apprentissage au Kerala, il y a vingt ans. Quelle surprise pour elles de se retrouver ici, après d'aussi longues années!


Suite à une courte pause entre les deux spectacles, nous ouvrons le Madhukori avec la diffusion d’une vidéo présentant le projet de construction du Sanatan Siddhashram ; puis Parvathy arrive avec ses chants bâuls, des chants d’Amour et de Nostalgie qui nous conduisent tout droit dans les paysages vert et bleu foncé de la Bhakti…




-Troisième étape : Paris, Centre Tapovan-

Le lendemain, une collecte de fonds a lieu au centre Tapovan Yoga et Ayurveda à Paris. L’événement y a été organisé grâce à Sri Kiran Vyas ; nous pouvons y partager du temps avec un petit groupe de personnes intéressées à en apprendre plus sur la tradition bâule et le projet de l’école traditionnelle Sanatan Siddhashram, le but étant de lui apporter un soutien financier substantiel et de proposer aux personnes sensibles à cette cause d’en devenir mécènes.



Pour clôturer la soirée, un cocktail officiel est prévu. Nous sommes aidés par de nombreux bénévoles qui nous ont rejoint avec plaisir pour l'occasion, afin de nous aider à organiser l’espace, prendre des photos (Lionel Brard du Collectif Echo), préparer et servir la nourriture, vendre les Cd’s et parler du projet (Stéphanie, Claire, Marie, Michel).

La nourriture de fête est absolument délicieuse! Faite maison et cuite par Samuel et Valérie pour une part, et préparée avec soin Parvathy d’autre part, celle-ci ayant passé des heures dans la cuisine de Martina, notre hôte parisienne, à couper des légumes puis laisser mijoter un délicieux kitcheri -plat traditionnel bâul.


Sans surprise, l’esprit Bâul vient justement prendre le dessus sur les planifications officielles et, suivant l’exemple de Parvathy qui s’est assise par terre pour jouer avec un bébé (l'un de nos invités), la plupart des gens présents s’asseyent également à même le sol, de façon complètement informelle. La plupart mangent avec les mains, tandis qu’une discussion spirituelle vivante et impromptue s’engage. Ce moment de partage simple, naturel et spontané entre Parvathy et les invités ne sera interrompu que par l’obligation de quitter l’espace à dix heures...



Une fois rendus ici, un rapide voyage en Italie a lieu pour Parvathy, au cours duquel elle assiste et intervient dans le cadre de la conférence SAND à Orvieto (rassemblement international d’enseignants spirituels et de scientifiques lors duquel ont lieu ateliers, conférences et temps de partage musicaux.)


Puis de retour en France, notre amie Stéphanie et moi-même allons l’accueillir à l’aéroport afin de la conduire jusqu’au Domaine de Chardenoux. Lors de ce long trajet, nous apprécions mutuellement notre bonne compagnie et éprouvons beaucoup de joie à écouter Parvathy tandis qu’elle chante tout le long de la route sa chanson nouvellement composée, à partir d’un des poèmes de Radhashyam.


-Quatrième étape : Domaine de Chardenoux-


Le château de Chardenoux appartient à l’association à but non lucratif "A Ciel Ouvert" et est géré avec amour et passion par Alain Chevillat. Dans son enceinte magnifique, depuis de nombreuses années, des enseignants spirituels, des artistes et musiciens issus de différentes cultures et traditions anciennes se rassemblent.


Arriver ici après un long voyage et quelques jours passés dans une grande métropole nous donne la sensation de pénétrer dans une oasis de paix. Nous sommes chaleureusement accueillis et c’est un plaisir de voir les membres de l’association travailler ensemble, tous âges confondus, pour œuvrer à la transmission, et donc à la préservation, de la sagesse et de la beauté.



L’atelier du week-end, précédé d’un concert de Parvathy ayant lieu en plein air sous les très vieux arbres de la cour, va se dérouler dans une ambiance particulière d’intimité et de partage. La connexion qui s'établit entre nous, en nos cœurs, va bien au-delà du partage musical. Certaines personnes découvrent la tradition bâule pour la première fois. Des larmes et des sourires apparaissent sur leurs visages tandis qu’ils évoquent leur ressenti et parlent de leur expérience. Il se dégage une atmosphère de secret et de protection; nous sommes entourés de très vieux murs et d’une forêt, comme si cet endroit spécial était un jardin secret pour les pratiquants spirituels venant de France et d'ailleurs.


Plus tard... nous quittons Chardenoux enrichis des échanges et de tous les moments partagés avec les belles personnes que nous y avons rencontrées. Nous sommes également riches d’une nouvelle chanson fraîchement retravaillée et composée par Parvathy en prévision de l’atelier qui va suivre : Deeno Tarini Tara Maa Go .…

De plus, la boîte d’étain que nous transportons avec nous depuis l’Ile d’Oléron, afin d'y préserver notre nourriture, est maintenant pleine de délicieuses bananes baja, des bananes frites cuisinées par Parvathy, Stephanie et moi-même, afin de les offrir aux participants du prochain Madhukori qui va avoir lieu le soir même.



-Cinquième étape : Lyon-

L’espace Saône et Soi à Lyon où Bénédicte Pinard nous attend, est un espace de yoga et de pratique; ainsi les chansons qui ont été choisies pour la soirée par Parvathy véhiculent la sagesse profonde yogique propre à la tradition Bâule. Lors du Madhukori, l’air est électrique. Les gens sont littéralement envoûtés par l’énergie et l’intensité de l’exécution spirituelle et de la prière qui se déroule sous leurs yeux. Parvathy Maa démontre toute la puissance du bhav Bâul.

Vers la fin de sa performance, elle invite les trois bénévoles présents sur place : Stéphanie, Flavie et moi-même, à chanter ensemble une chanson que nous venons d’apprendre lors de l’atelier précédent donné à Chardenoux.



Bénédicte, qui possède l’espace, est pratiquante spirituelle elle-même. Extrêmement heureuse d’accueillir Maa pour la soirée, elle se sent bénie et reconnaissante que la vie nous ait mises en contact quelques mois plus tôt par le biais d’une amie commune américaine, Saraswati.



-Sixième étape : Ardèche, Hauteville-

Plus tard, dans notre voiture blanche, nous suivons dans la nuit sombre Emmanuelle O. qui nous a rejoint le soir même, et roulons silencieusement en direction du sud, laissant derrière nous les luxueux champs verts de l’est de la France, pour nous rendre vers la zone plus chaude et sèche de l’Ardèche, dans un endroit où Arnaud Desjardin, célèbre maître spirituel français, disciple d’un maître bengali Swami Prajnanpad, a établi son ashram.


Hauteville, comme on l’appelle, est le deuxième château français à accueillir Parvathy durant son périple en France. Un autre château que le destin a détourné des affaires du monde, pour en faire en un centre spirituel accueillant des pratiquants spirituels en lieu et place de l’aristocratie. Ainsi, les invités ne sont plus des princes et des ducs, mais des maîtres spirituels généreux.

Quand, lors du premier jour de notre arrivée, Emmanuel Desjardins, fils d’Arnaud (qui a quitté son corps en 2011), nous fait visiter avec Parvathy, Stéphanie et Emmanuelle l’ashram et son enceinte, nous faisons halte dans une pièce montrant des dizaines et des dizaines de photographies de maîtres et de praticiens hindous, bouddhistes, musulmans, chrétiens, juifs et même amérindiens. Je me sens entourée d’une belle guirlande d’yeux aimants et de sourires provenant des images autour de nous.


Il est difficile d’exprimer avec des mots l’intense paix et sérénité que l’ashram irradie. Le bruit de l’herbe sèche écrasée sous les pieds en marchant dans le verger, le bourdonnement des cigales, le saut soudain d’un poisson koi dans l’étang de montagne seraient les seuls bruits entendus par un promeneur solitaire. Ici, le corps et l’esprit se sentent connectés avec l’harmonie universelle qui sous-tend toutes choses et goûtent la joie intrinsèque de l’existence. Celle-ci émane non seulement du sanctuaire de Samadhi, mais également de chaque arbre soigneusement taillé par les Sevaks comme de chaque grain de sable, sur ce chemin parcouru par tant de chercheurs et de praticiens.


Après la promenade, Parvathy donne une belle conférence sur la tradition bâule et répond à quelques questions. Plus tard, elle est invitée à chanter et à danser; cette fois c’est l’humeur douce de l’amour et du désir qui atteignait nos oreilles et nos cœurs.




-Septième étape : Chapelle St Félix (près de Valence) -

Le lendemain est le jour d’un concert très attendu, donné par Parvathy et Emmanuelle Martin.

Emmanuelle a été formée pendant dix ans en Inde à la musique carnatique. Sa formation très exigeante et traditionnelle, reçue de son maître T.M. Krishna, a porté de beaux fruits, lui permettant de développer une voix incroyablement souple, pleine de force et empreinte d’une clarté cristalline. Son engagement envers la musique se développant parallèlement à la pratique spirituelle de la bhakti marga, elle révèle aujourd’hui la profondeur et la beauté intrinsèques de la musique indienne du sud née de très anciennes écritures védiques et son interprétation touche profondément les âmes.


Le concert aura lieu dans une petite chapelle qui était déjà un lieu de culte à l’époque celtique. Elle se situe dans un endroit excentré à l’extérieur de tout village, à côté d’un curieux petit cimetière où chaque croix décorée est certes un peu rouillée mais encore ornée d’un cœur rougeâtre émaillé et métallique.

Après une heure de répétition pour les deux chanteuses, une petite pause est nécessaire. Dans une petite pièce située à côté de la chapelle, gardée bien fraîche grâce aux murs de pierre épais, nous apprécions tous une tasse de thé, quelques fruits et ce temps de repos.



La chapelle médiévale contient dans son abside la tombe d’une femme dévote, cachée sous le sol pavé de pierre. L’énergie féminine irradiant de sa présence a inspiré Emmanuelle à choisir comme thème pour la soirée des chants dédiés à la Mère Divine. Nous plaçons une vieille statue en bois de la Vierge Marie au centre de l’autel, décorons la « scène » avec des fleurs et des bougies, et tandis qu’Emmanuelle, belle comme une ancienne prêtresse dans son simple sari de coton jaune, se tient au milieu de l’église, accueillant les spectateurs dans un silence très intense, nous nous rendons compte que le flux de personnes ne diminue pas, et qu’il n’y aura bientôt plus de places assises disponibles! Accompagnée d'autres bénévoles, je me lève donc et nous aidons chacune de ces personnes à trouver une place assise à même le sol, dans les recoins du temple.


Le rendu de la prestation est juste magnifique! Emmanuelle et Parvathy chantent séparément ; puis à la fin de la représentation, un couple de ragas interprétés à la manière des indiens du Sud et des indiens du Nord fusionnent sans heurts tandis que les deux artistes chantent ensemble leur louange à la Mère Divine.




-Huitième étape : Chapelle St Félix (près de Valence) -


Sans surprise, les trois jours de retraite immersive «Chant et mouvement» qui vont suivre, au cours desquels Emmanuelle et Parvathy Maa vont partager et dispenser leurs enseignements ensemble, vont se dérouler dans une humeur d’amitié, de bonne entente et d’amour.


Mis à part moi et Emmanuelle Oliviero, le petit groupe de personnes rassemblées à cette occasion découvre pour la première fois la tradition bâule ; certains ont cependant déjà pratiqué la musique carnatique auparavent.


Nous démarrons les journées par un temps de méditation et de silence, qui s'en suit d'un moment de méditation sonore conduit par Emmanuelle Martin; dans un troisième temps, une séance de yoga a lieu avec Parvathy, puis vient un temps de travail de la voix dirigé par Emmanuelle.

Après le partage d'un délicieux brunch dégusté sous un vieil arbre à la mi-journée, les après-midi se déroulent avec l'apprentissage de la pratique du rythme, du chant et du mouvement Bâul. Le chant nouvellement composé par Parvathy Baul en l’honneur de Tara Maa est enseigné, ainsi qu'un autre dédié au Seigneur Krishna Madhava ; en ce qui concerne la pratique corporelle, il est demandé aux participants d'apprendre à laisser leur corps se mouvoir avec fluidité, lâchant les vieilles habitudes imprégnées pour mieux se déplacer à partir du flux spontané émanant d'une sensation intérieure de calme et d'immobilité.



-Neuvième étape : le Gard-

Le dernier chapitre de l’histoire estivale des Madhukori s’achève par un retour au point de départ. Après le séminaire donné avec Emmanuelle, nous roulons vers le sud, arpentant d’autres paysages, nimbés de plus de collines avec leurs buissons méditerranéens, ce jusqu’à chez moi à Saint Jean de Maruejols, dans le Gard, à proximité de l’Ardèche. Nous y passons quelques journées partagées en excellente compagnie grâce à la présence de plusieurs amis et pratiquants spirituels, célébrant l’enseignement et sa transmission avant le tout dernier madhukori. Celui-ci va avoir lieu au sein d'une galerie d’art qui ouvrira ses portes au public pour la première fois .



Le soir de la prestation venu, une cinquantaine de personnes se sont déplacées pour assister à l’événement. Faute de chance, malgré plusieurs heures d’essais infructueux, le projecteur qui nous permet de diffuser la courte vidéo présentant l’école traditionnelle (le Sanatan Siddhashram) avec son projet et ses enjeux, refuse de fonctionner ce soir-là. Je me lance donc dans une improvisation de dernière minute, prenant en mains les cartels plastifiés de l’exposition photos que nous avions imprimés pour la tournée et qui présentent le projet du centre éducatif, puis je commence par parler de notre association “Sérénade aux Etoiles”, de son objet, avant d’évoquer notre soutien à la tradition Bâule et les raisons de la collecte de fonds. Je reviens alors sur l’historique du projet de l’école et la vision que Sanatan Das Baul, enseignant de Parvathy Baul, lui a transmis…


Finalement, les tintements de chevillères nupurs retentissent et voilà que les participants sont embarqués sur le bateau Bâul, pour un voyage au fond des cœurs, à travers les chants-prières qui évoquent le tourment et la beauté, le languissement et la paix, l’éternel voyage de l’âme vers l’union et la béatitude.




Au plus profond, nous nous joignons à Parvathy Maa dans sa prière. Elle chante et danse, tenant dans son cœur la vision reçue de son Maître, celle d’enseigner à un patchwork d’enfants et d’adultes venus de tous horizons les anciens chemins yogiques et la poésie mystique, celle d'éveiller les consciences ainsi qu'un sentiment d'affection envers la terre mère, celle de nourrir l’étincelle d’amour qui illumine nos cœurs et faire descendre l’expérience de la joie, de l’harmonie dans notre monde matériel assoiffé d’amitié, de paix et d’acceptation véritable.



Je remercie chacun d’avoir participé à ce voyage...

J'ai le cœur empli de gratitude pour cette histoire qui vient de commencer...

Grâce à mon professeur qui me montre patiemment le chemin,

Et mes compagnons qui me tiennent la main.


Je suis pleine de reconnaissance d'avoir l'opportunité d'apprendre de cette compagnie quotidienne ainsi que du travail bénévole que nous avons tous mené ensemble cette année.


Pour terminer, je peux seulement ajouter…


(A SUIVRE...)


Guru Kripa Hi Kevalam


Joyguru


Magdalena


Article rédigé par Magdalena Busnel

Traduit en français, corrigé et publié par Claire Sondag

Crédits photos : Lionel BRARD, Brian KWONG



1. Pradakshina : circambulation effectuée autour d’un objet, gardant toujours le côté droit orienté vers lui, en guise de salutation respectueuse

  • Sérénade aux Étoiles

© 2019 by Claire Sondag